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El Nour | Fatma Said (2020) [FLAC] [24-96]


El Nour | Fatma Said


2020

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Fatma Saïd, née en 1991 en Égypte, est une soprano égyptienne. (wiki) (WebSite)

La jeune soprano égyptienne Fatma Said
, louée pour la luminosité et la richesse des couleurs de sa voix, fait ses débuts discographiques pour Warner Classics avec El Nour. Son programme traverse les cultures, combinant des chansons d'art de compositeurs français, espagnols et égyptiens avec des chansons folkloriques égyptiennes et des chansons populaires du Moyen-Orient. Comme elle l'explique, " 'El Nour' en arabe signifie 'Lumière', et cet album met en lumière la façon dont une musique qui a été interprétée de nombreuses fois peut être perçue sous un autre angle. L'idée est de relier trois cultures - arabe, française et espagnole - et de montrer combien, malgré les différences culturelles, géographiques et historiques, elles ont en commun en terme de musique". (warner)

Fatma Said, la révélation du concert de Paris le 14 juillet ?
Dans une crise sanitaire devenue économique et culturelle, l’annonce du maintien du Concert de Paris, le mardi 14 juillet, fait figure de bonne nouvelle. Diffusé en direct à 21h10 sur France Inter, France 2 et les antennes de plus de dix pays dans le monde, placé sous la direction de la cheffe d’orchestre Eun Sun Kim à la tête de l’Orchestre National de France, de la Maîtrise et du Chœur de Radio France, l’événement est présenté comme « le premier grand spectacle européen de musique classique à être maintenu ».
Parmi les artistes invités, tous plus célèbres les uns que les autres – Benjamin Bernheim, Ludovic Tézier, Sonya Yoncheva, Sol Gabetta, Lisa Batiashvili, Khatia Buniatishvili … –, un nom peut sembler moins familier : Fatma Said. Les plus assidus de nos lecteurs se souviennent peut-être de cette soprano égyptienne premier prix en 2012 de la Leyla Gencer voice competition. « Cette jeune artiste née au Caire en 1991 et formée à l'école de musique Hanss Eisler de Berlin (où elle étudie encore) a plus d'un atout dans son sac. Une assurance d'abord, surprenante compte tenu de son jeune âge (21 ans), qui tient à la fois de l'inconscience et de l'effronterie mais qui, combinée à une silhouette gracile, lui donne sur scène une aisance irrésistible. Un timbre ensuite d'une fraîcheur revigorante, une souplesse, un suraigu précis et une intelligence dramatique qu'elle sait utiliser pour offrir de Manon un portrait aguicheur », écrivions-nous à l’époque.
Depuis, Fatma Said continue de marcher « sur tous les chemins » : l'Accademia del Teatro alla Scala, le programme New Artists Generation de BBC Radio 3 et des premiers engagements, notamment au Wigmore Hall de Londres où un critique britannique l’a comparée à « la grande et regrettée Lisa della Casa pour la luminosité de l'expression et la chaleur de la sonorité ». La signature d’un accord exclusif avec Warner Classics marque un nouveau jalon dans sa carrière. Le programme de son premier album El Nour / ????? (Light) associe des airs et mélodies de compositeurs classique à des chansons populaires du Moyen-Orient. Le pianiste Malcolm Martineau, le guitariste Rafael Aguirre et un ensemble de jazz comprenant des instruments traditionnels du Moyen-Orient lui offrent la réplique musicale. Sortie annoncée cette automne. A suivre ? (forumopera)

Une invitation au voyage en actes
El Nour est une invitation au voyage en actes, déployée dans l’espace de l’Asie à l’Espagne, de l’Egypte au Liban par le truchement des poésies et des musiques. Celles-ci forment une mosaïque méditerranéenne qui s’assemble sous nos oreilles, sous le mode rhapsodique. Le CD entremêle astucieusement ces trois cultures au fil des 17 pistes. Si nous les cernons ici l’une après l’autre, c’est simplement par souci didactique auprès de nos lecteurs. Riches de leur diversité, les mélodies françaises (H. Berlioz, G. Bizet, M. Ravel, P. Gaubert) exploitent les archétypes orientalistes avec élégance. Aux sources de la musique traditionnelle, les chansons espagnoles de la Belle Epoque (de Falla, F. Lorca, Obradors) s’ancrent dans une plaisante poésie du quotidien. Avec un instrumentarium de musique savante, le répertoire arabe (essentiellement libano-égyptien semble-t-il) s’appuie sur des titres en hommage à la grande chanteuse libanaise Fairouz : Aatimi Al Naya Wa Ghanni (Donne-moi la flûte et chante), El Helwa Di (Cette belle femme). Dans cette vocalité, la particularité des sons aspirés (langue arabe) est une spécificité évidemment maitrisée par la soprano qui séduit également par la souplesse des ornements orientaux (parfois sur une subtile échelle détempérée). Ce troisième répertoire offre une expérience musicale collective par des arrangements mêlant les formations instrumentales arabe et européenne. C’est le cas de Sahar El Layali (Qu'elles étaient belles nos nuits) et de l’ultime pièce, Yamama Beida, cultivant davantage la fusion entre ensemble traditionnel arabe et quatuor à cordes. L’originalité du projet culturel, son non-conformisme, sont donc réels et aboutis. Toutefois, le langage musical semble évacuer la richesse modale du Maqam au profit d’une tonalité, elle, bien occidentale …
Traversant cette mosaïque, l’envoûtement opère par la limpidité de la voix, sa qualité de prononciation et son aptitude à fusionner avec tous les instruments, piano ou guitare dans le répertoire européen, flûte ney, oud (luth) et percussions membranophones de l’ensemble oriental. Le choix des sélections poétiques permet à la jeune artiste de se couler dans diverses expressions, de la sensualité de Ana Bent El Sultan jusqu’au jeu mutin de la cancion de Manuel de Falla. Tout au plus pourrait-on suggérer une amplitude de nuances plus contrastées pour certaines pièces (Ravel, Berlioz).
Regard sur la sélection de mélodies françaises et espagnoles
Nous nous attardons sur quelques mélodies et canciones … pour la seule raison que nous en connaissons mieux les codes … Le cycle ravélien Shéhérazade (1903) est sans doute le plus envoutant du corpus occidental. Sur les poèmes de Tristan Klingsor, la nonchalance lascive du chant (Asie) se love dans d’audacieuses harmonies au piano (Malcom Martineau, excellent musicien), dont on comprend qu’elles aient heurté les longues oreilles du Prix de Rome ! La seconde pièce du cycle, La Flûte enchantée, fait fusionner le souffle de la flûte égyptienne, le ney (en roseau, à l’embouchure oblique) et du chant : « Il me semble que chaque note s’envole de la flûte vers ma joue ». Quelle riche proposition de choisir la version avec flûte (comme dans le CD Soir païen d’Anna Reinhold) et de la confier … au ney (interprète Burcu Karadag). C’est le même choix qui préside à l’interprétation de la mélodie de Bizet, Adieux de l’hôtesse arabe (1866) : là aussi les interludes confiés au ney qui nous transportent vers le Nil. Entre la poésie hugolienne et l’invention de Bizet, une saynète lyrique prend forme (l’enregistrement de Cecilia Bartoli demeure toutefois indépassé). Le boléro Zaïde de Berlioz (1845) atteste l’engouement pour cette danse espagnole au temps du Domino noir d’Auber et convoque les castagnettes en sus de l’accompagnement rythmique du piano. C’est au tour du guitariste (Rafael Aguirre) d’accompagner ensuite les canciones ibériques. L’origine populaire fédère celles successivement de M. de Falla – Tuosojillos negros (Tes petits yeux noirs, 1902) – de J. Serrano – La Cancion del ovido (chanson de l’auberge de l’Oie) issue de la zarzuela éponyme (1916) – et d’Obradors (Cantares populares). Au sein de cette mosaïque, c’est sans doute la simplissime berceuse de F. Lorca (poète, musicien et folkloriste), Nana de Sevilla, qui émeut le plus. Sa mélancolie se répand avec pudeur, sur le dessin entêtant de la cadence andalouse (descente de quatre notes conjointes). On apprécie la flexibilité vocale des ornements de ce fonds hispanique. Sans oublier qu’ils puisent dans la tradition andalouse du cante jondo, elle-même impactée par la vocalité orientale … lorsque l’Espagne était au carrefour des cultures méditerranéennes. L’interculturalité s’invite donc bien à tous les niveaux du programme !
Sur un poème de Khalil Gibran, un des titres de la sélection arabe fait la synthèse des sortilèges musicaux aptes à traverser les civilisations : « Donne-moi la flûte et chante, Car le chant est le secret de l’existence ». Voilà un enregistrement qui touchera les auditeurs d’une large sphère géographique. Auditeurs et auditrices qui, grâce à cette invitation de Fatma Saïd, voyageront comme Ulysse … sans empreinte carbone ! (premiere-loge)



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Label : Warner Classics
Parution: 14/08/2020
Codec: Free Lossless Audio Codec (FLAC)
Channels: Stereo / 96000 HZ / 24 Bit
Bitrate : 2746 kbps
Durée: 01:04:56
Pistes: 17
Fichiers: 22
Total Size : 1.09 Go
Inclus : Cover, Booklet

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